L’égyptologie dans le Coran

1.     Les chameaux d'Abraham

Les chameaux apparaissent souvent dans le récit biblique. Genèse XII, 15, Pharaon offre des chameaux à Abraham :

Le serviteur [d’Abraham] prit dix chameaux parmi les chameaux de son maître et partit ; et tous les biens de son maître étant dans sa main, il se leva et alla à Aram Naharaïm, du côté de la ville de Nahor. Il fit agenouiller les chameaux hors de la ville… (Genèse XXXIV,10)

Ils sont présents avec Isaak (Genèse XXIV, 61,64…) et Jacob, petit fils d’Abraham (Genèse XXX, 43 ;XXXII,16…), ainsi que dans l’exode, où le chameau fait partie des richesses de pharaon.

Les biblistes situe Abraham vers 1700 av JC. A cette époque, le chameau est un animal inconnu en égypte. Il n’était pas non plus domestiqué en Mésopotamie. En effet, il n’apparaît pas dans les peintures murales des temples, ni dans les tombes ou les pyramides, ni dans les écrits. Il fut introduit en Égypte bien longtemps après par les Romains (IIe s. av. JC)1.

Voyons maintenant, si le Saint Coran parle de chameaux domestiqués pour des périodes antérieures au IIe s. av. JC. En fait, il existe deux versets pour lesquels il est question de chameaux :

« Et lorsqu’ils ouvrirent leurs bagages, ils trouvèrent qu’on leur avait rendu leurs marchandises. Ils dirent : « Ô notre père. Que désirons-nous (de Plus) ? Voici que nos marchandises nous ont été rendues. Et ainsi nous approvisionnerons notre famille, nous veillerons à la sécurité de notre frère et nous nous ajouterons la charge d’un chameau et c’est une charge facile ». » (Coran 12/65)

 « Ils répondirent : « Nous cherchons la grande coupe du roi. La charge d’un chameau à qui l’apportera et j’en suis garant ». »  (Coran 12/72)

             Ces deux versets correspondent au récit concernant le prophète Yousouf (Joseph) –paix sur lui–, et qui se situe largement avant le IIe s. av. JC. Le mot qui a été traduit par chameau est le mot ba’ir , et toutes les traductions connues traduisent ce mot par chameau. Cependant, selon l’islamologue Jacques Berque2, il n’est pas exact de le traduire par chameau ; pour lui, le mot ba’ir signifiait à l'époque tout ce qui porte, bête de somme : tel est le sens d’après ce qu’exprime sa racine selon tous les dictionnaires d’arabe ancien, et d’ailleurs, le chameau est mentionné dans le Coran avec un mot tiré d’une toute autre racine jamâl (que l’on trouve en  Coran 7/40). C’est le sens de bête de charge, bête de somme, qu’il admet dans sa traduction, ce qui correspond ici aux récentes découvertes de l’égyptologie.  

            2.Le pharaon de l’exode

Notre étude ici est tirée d'un livre du Docteur Bucaille3. Dans celui-ci, Il s'évertue à démontrer ses dires par des faits précis : pour lui le pharaon de l'exode n'est autre que Mineptah. Retenons ici les grandes lignes de sa démonstration.

La stèle d'Israël est un des passages qui est le plus intéressant. En effet, cette stèle a fait dire à beaucoup de scientifiques que l'exode a eu lieu avant l'élaboration de cette stèle car il y est écrit :

Les princes sont prosternés en disant : Salam
Il n'y en a pas un qui lève la tête parmi les Neuf-Arcs
Depuis que les libyens sont domptés, le pays des Hittites est en paix
Canaan est purgé de tout ce qu'il y avait de mauvais
Ascalon est conquise, on tient Géser
Yenoam est réduite à ne plus exister
Israël est anéanti, il n'a plus de céréales
Le Khor est en veuvage par rapport à l'Égypte
Tous les pays s'appliquent à la paix
Quiconque brigande, on le réprime.


Le mot Israël est placé au début de la ligne ci-dessous :


Sept noms de pays sont mentionnés ici, qui ne font pas partie de l'Égypte : Canaan, Ascalon, Yenoam, le Khor, ou  bien par des noms de peuples : Libyens, Hittites. Mais tous sont pourvus de deux caractères hiéroglyphiques qui ne se prononcent pas, mais indiquent qu'il s'agit de terres étrangères. Ces caractères appelés "déterminatifs" sont les suivants :
- Le caractère indique une "terre" : il suit les noms des sept pays mentionnés sur la stèle.

- Le caractère  indique la qualité "d'étranger" et est placé après le mot Israil.

Ce qui est capital de noter ici est qu'un seul déterminatif suit le mot Israil : on y trouve le déterminatif "étranger", mais le déterminatif "terre" est absent, à la différence de tous les autres noms propres du passage cité de la stèle.

Certains auteurs y voient une "négligence d'un graveur", en gros une faute d'orthographe. Mais comment pharaon aurait-il laissé passer une telle erreur sur un monument célébrant sa gloire?

Donc la thèse, selon laquelle l'exode aurait eu lieu pendant le règne de Ramsès II ou avant celui-ci ne tient pas, car sous Ramsès II, ils n'avaient pas encore de terre et étaient encore en Égypte.

Finalement, le Dr Bucaille démontre dans son livre que le pharaon ne peut être que Mineptah, avec entre autre, une analyse médicale de la momie de mineptah.

Et nous lisons dans le Coran, en parlant du pharaon de cette époque :

« Aujourd'hui nous te sauvons en ton corps (mort) afin que tu sois un signe pour ceux qui viendront après toi » (Coran 10/92)

            3.     La différence entre roi et pharaon dans l’égyptologie

            Encore une fois c’est le récit concernant Yousouf (Joseph) –paix sur lui– , le plus beau récit du Coran, qu’un autre anachronisme aurait pu être présent dans la dénomination du pharaon de l’époque.

En effet, Bible et Coran désignent tous deux le souverain égyptien du temps de Moïse par Pharaon. Le mot étant apparu dans les textes hiéroglyphiques pour nommer le souverain au XIVe siècle avant Jésus Christ, les Écritures ont désigné le souverain par un terme conforme aux données historiques. Par contre, pour ce qui est de l’époque de Yousouf, les deux Livres n’utilisent pas la même désignation. La bible désigne par pharaon le souverain d’Égypte à de multiples reprises (Genèse XXXIX à L), sauf au début du récit concernant le fils de Jacob, où c’est le mot roi qui est utilisé.

Or, on sait que le nom Pharaon date du règne d’Aménophis IV, c’est à dire vers 1370 avant Jésus Christ. De plus, on retrouve une trace du nom de Jacob -paix sur lui- en hiéroglyphes dans les titres d'un roi Hyksos de la XVe  dynastie, au XVIIe  siècle avant J-C. Donc Joseph -paix sur lui- fait aussi partie de la même période.

Dans la sourate Yousouf, le souverain est uniquement appelé malik qui signifie  roi  en arabe.

Il est à noter encore ici que l’anachronisme retrouvé dans la Bible ne se retrouve pas dans le Coran, et pourtant à cette époque il n’existait pas d’homme de science connaissant les hiéroglyphes, et sachant faire la différence entre les deux noms des souverains d’Égypte.

4.Le nom de Hâman  

Le Coran fait six fois mention du nom Hâman qui semble être une personnalité de l’entourage du pharaon. Voici un de ces versets :

« Et pharaon dit : Ô notables, je ne connais pas de divinité pour vous autre que moi. Hâman, allume-moi un feu sur l’argile puis construis-moi une tour, peut-être alors monterai-je jusqu’au Dieu de Moïse. Je pense plutôt qu’il est du nombre des menteurs. » (Coran 28/38)

Et dans un autre verset, le Coran dit :

            « Et Pharaon dit : Ô Hâman, bâtis-moi une tour : peut-être atteindrai-je les voies... » (Coran 40/36).

            Contre toute attente, le nom de Hâman n'est jamais mentionné dans les parties de la Torah concernant la vie de Moïse. Cependant, nous rencontrons Hâman dans les derniers chapitres de l'Ancien Testament, présenté comme un assistant d'un roi babylonien cruel envers les Israélites aux environs de 1100 ans après Moïse.
            Certains non-musulmans, qui prétendent que le prophète Muhammad saws a écrit le Coran en plagiant le Torah et la Bible, affirment également qu'il a repris maladroitement certains des sujets mentionnés dans ces livres. L'absurdité de ces affirmations a été démontrée seulement à la suite du déchiffrement de l'alphabet hiéroglyphique égyptien.

En effet, le Dr Bucaille, célèbre pour son livre La bible, le Coran et la science4, voulant savoir si ce nom n’aurait pas été mentionné dans les hiéroglyphes conservés, n’avait d’autres choix pour authentifier sa conclusion que de consulter une autorité scientifique dans le domaine. Celle-ci lui conseilla de consulter le Dictionnaire des noms de personnes du Nouvel Empire de l’allemand Ranke5, ouvrage classique écrit en allemand, en se faisant dessiner "hiéroglyphiquement" ce nom. A la surprise du Dr Bucaille, il trouve ce nom avec une note « chef des ouvriers des carrières », car c’est ainsi que l’on appelait celui qui avait la haute main sur les constructions. Ranke donnait en référence,  pour plus de précision, un livre de 1906 de l’égyptologue Walter Wreszinski mentionnant que le nom de Hâman figurait sur une stèle du musée de Hof à Vienne6.

 Par ailleurs un rapprochement est à faire avec la nature des ordres du pharaon à Hâman, qui dans les versets précédents demande la construction d’une tour par deux fois. Là dessus, il n’y a pas de plagia sur la Bible, ni dans l’environnement de Muhammad SAW. Hâman est une désignation qui a bel et bien existé. Il a signifié : chef des ouvriers de carrières. Ainsi la phrase de pharaon : Ô Hâman, bâtis-moi une tour… prend sens et devient : Ô chef des ouvriers de carrières, construis moi une tour.. !!  
            Le Docteur Bucaille conclut : « J’aimerais surtout attirer l’attention sur le point précis suivant : est-ce un attitude raisonnable de soutenir que le Coran fut composé de main humaine, … »  

5.     La construction des pyramides

Cette question fût longtemps une question sans véritable réponse. Différentes théories se sont succédées au fur et à mesure et ce depuis des temps anciens. On peut citer par exemple : La théorie des transports de pierres, la théorie des rampes avec différents modèles, l'utilisation de machines. 7

Récemment, une théorie vient de resurgir, elle a été confirmée par des analyses scientifiques. En effet, les blocs de pierre utilisés n'ont pas été taillés et déplacés, mais assemblés sur place. Elles sont synthétiques et faîtes à partir de moules. Plusieurs articles à ce sujet sur le site de l'Institut Géopolymère, avec entre autre, une analyse à l'aide de la spectroscopie de résonance magnétique nucléaire.

Une allusion en a été faite dans ce passage du Coran :

« Et pharaon dit : Ô notables, je ne connais pas de divinité pour vous autre que moi. Hâman, allume-moi un feu sur l’argile puis construis-moi une tour, peut-être alors monterai-je jusqu’au Dieu de Moïse. Je pense plutôt qu’il est du nombre des menteurs. » (Coran 28/38)

Le Coran est encore une fois en concordance avec ce qui s'est réellement passé à l'époque du récit.
1 cf. L’histoire du chameau et du dromadaire de Henri Lhote. Ed.: Groupe Média-Internnational.Retour

2 cf. Essai de traduction du Coran, Jacques Berque. Ed: Albin Michel Retour

3 cf. Moïse et Pharaon Les Hébreux en Égypte Quelles concordances des Livres saints avec l'Histoire ? du Dr Maurice Bucaille. Éd. : Seghers Retour

4 cf. La Bible le Coran et la Science,  de Maurice Bucaille. Ed.: Agora Pocket. Retour

5 cf. Hermann Ranke, Die Ägyptischen Personennamen, Verzeichnis der Namen, Verlag Von J. J. Augustin in Glückstadt, Band I, 1935, Band II, 1952 (En allemand) Retour

6.cf. Walter Wreszinski, Aegyptische Inschriften aus dem K.K. Hof Museum in Wien, 1906, J. C. Hinrichs' sche Buchhandlung (En allemand) Retour

7.cf. Article de Wikipédia   Retour

Publié le : 18/06/2014


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